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L’aventure du rugby pro, tourner la bonne page.
Les Bayonnais qui ont bonne mémoire (et il y en a) se souviennent sans doute des vagues diverses que suscita il n’y a même pas dix ans le nécessaire débat sur la création d’une entité propre pour le rugby de haut niveau aux côtés de l’Aviron Bayonnais Omnisports.
Beaucoup se demandaient pourquoi ce mouvement qui pouvait prendre des allures de scission, de séparatisme administratif et juridique et pire que cela, de trahison d’une richesse de la ville, de sa culture et de sa tradition. Que diable ! Le rugby ne pouvait-il pas grandir au sein même de l’omnisports ? Ce fut comme une querelle des anciens et des modernes. On oubliait que la modernité n’est ni mode ni fatalité, mais un outil et qu’elle peut –et certainement même doit- se développer dans le respect de la tradition. C’était aussi oublier qu’en art, en entreprise, en science ou en sport on n’invente jamais totalement : on continue.
Si le rugby entendait continuer en haut de l’affiche, il fallait qu’il tourne une page, surtout s’il voulait que cette page soit celle de l’élite.
L’histoire du rugby de haut niveau français a rejoint il y a sept ans le rugby bayonnais à la croisée de ses chemins. Des hommes ont alors décidé d’ouvrir grand la fenêtre aventureuse du rugby professionnel naissant, avec la complicité du Maire de Bayonne.
Sur les rails d’ovalie, il fallait prendre le bon train. Dans ce monde du rugby bayonnais auréolé d’amateurisme, de bénévolat, de titres et de légendes, il convenait de parler désormais de professionnalisme, de contrats et de société commerciale. Il fallait le penser, il fallait surtout créer et agir sur ces terrains nouveaux, mais sans trahir l’âme du club, en respectant la culture d’une ville et qui plus est en se condamnant à réussir à brève échéance.
Tel était le pari, exaltant, nécessaire, mais tellement périlleux.
« Là où est la volonté, là est le chemin » : c’est la devise inscrite au fronton du club alpin de Chamonix et c’est elle qui fut adoptée à l’Aviron pour réussir, prouver et convaincre.
Peio Dospital, Jeannot Saussié, puis Francis Salagoïty, soutenus par Jean Grenet et des équipes de « soutiers » bénévoles ont dans un premier temps tracé avec opiniâtreté, courage et compétence ce nouveau sillon.
On a vu arriver des professionnels dans la gestion du club, un directeur commercial, puis des administratifs. Une société sportive se mettait en place, avec le soutien financier d’un chef d’entreprise parisien amoureux de la Côte Basque et de l’Aviron, Michel Cacouault. Il venait apporter au club ce qui lui devenait nécessaire pour réussir : des sponsors nationaux aux côtés des entreprises basques et de la région. On a vu arriver des joueurs totalement professionnels : les Néo-Zélandais De Goldi, Renmant d’abord, puis l’extraordinaire, l’adorable et talentueux Wataru Murata. On a vu ces joueurs exemplaires tirer le club vers le haut, avec l’apport de techniciens de talent (Viguera, Bidart, Leta, Novion, Peytavin, Bouisset, Mentières, Alvarez et maintenant Doucet). On a vu ces joueurs professionnels venus de l’autre bout du monde, de Paris, de Colomiers, de Toulouse et d’ailleurs se teinter de ciel et de blanc, chanter en basque les soirs de victoires et épouser la tristesse de la ville les soirs de doute ou de défaite.
On a vu l’équipe de Pro D2 monter peu à peu, jusqu’à une belle demi-finale à Toulon, dans un « Mayol » bouillonnant sous le soleil ; on l’a vue hésiter, se reprendre, se construire, apprendre lentement à respecter les exigences drastiques du sport professionnel de haut niveau. Abandonner la frénésie des nuits au Petit Bayonne pour le sommeil réparateur et l’eau plate. Travailler dans la complexité d’une préparation physique, médicale et stratégique de plus en plus pointue et spécialisée.
Cinq ans, c'est-à-dire un lustre, pour gravir la montagne et rejoindre la légende du haut niveau, celle que les glorieux anciens de 82 et de tout le siècle précédent avaient écrite, mais sur d’autres terres, sur une autre planète. N’en déplaise aux nostalgiques, le rugby qui a ainsi peu à peu –et parfois douloureusement- émergé à « Jean Dauger » présente bien des attraits et propose un spectacle certes différent, avec de nouveaux codes, une nouvelle culture, un nouvel emballage des matches. Mais les faits sont là : après l’ultime délivrance de la victoire à Périgueux, en mai 2004 et un titre anecdotique de vice-champion de France, à Pau, l’AVIRON RUGBY Pro anime, fédère et fait vibrer. Pour ce retour dans l’élite nouvelle, le public répond présent ; entre 8 et 13 000 personnes à « Jean Dauger » le samedi soir, pour le rugby des sunlights, avec mascotte, musique et athlètes du XXI ème siècle sur le terrain.
Dans cette aventure du rugby pro, personne n’aura eu raison contre personne, d’abord parce que chacun a le cœur bleu et blanc. C’est le vent de l’histoire qui a eu ses raisons d’un autre siècle. Mais là-haut, nous avons un sacré conseil de surveillance, où siègent Roger Etcheto, Christian Belascain, Jean Dauger et bien d’autres.
Le grand poète Pablo Neruda disait que « les peuples qui n’ont pas de mémoire sont condamnés à mourir de froid ». Le nouvel Aviron se tiendra aussi dans le chaud du souvenir et de la mémoire vive. Nous voulons encore et longtemps respirer ensemble à Jean Dauger le parfum des grands rendez-vous, celui qui peint nos quotidiens de toutes les couleurs. Et que la fête continue !...
Apercu du texte de la page :
13/11/2007 - jean-pierre elissalde reprend rendez-vous avec les supporters c'est une particularité assez exceptionnelle de notre club que de voir son manager général aller à la rencontre des supporters plusieurs fois durant la saison. la pena baiona organisera, comme à son habitude, le prochain rendez-... 13/11/2007 - troisième édition du kant'ab l'association haiz'egoa continue d'être au…
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